Renato Sanches au PSG, il retrouve Christophe Galtier

Et quatre pour Paris ! Après les recrutements de Vitinha, Hugo Ekitike et Nordi Mukiele, le PSG a officialisé, jeudi 4 août, la signature du milieu de terrain portugais Renato Sanches pour cinq saisons.

Dans les tuyaux depuis de longues semaines, le transfert de l’ancien Lillois, âgé de 24 ans, a mis du temps à se concrétiser. Mais à quelques heures de la reprise de la Ligue 1, c’est désormais chose faite.

Un investissement qui vient, en nombre, compenser le départ imminent de Georginio Wijnaldum, plus désiré à Paris, comme celui d’Idrissa Gueye.

Et apporter, a priori, des solutions supplémentaires à Christophe Galtier, son ancien entraîneur au Losc. Mais cela soulève aussi des questions.

Paris va faire briller à nouveau le Golden Boy 2016

Il y a déjà longtemps que le Portugais affolait l’Europe avec son talent. À l’été 2016, à peine âgé de 18 ans et après avoir remporté l’Euro avec la Seleção, Renato Sanches est tombé dans un autre monde en quittant Benfica pour le Bayern Munich. Venant d’être nommé vainqueur du trophée Golden Boy – consacrant le meilleur jeune joueur de moins de 21 ans évoluant en Europe – on nous promettait alors le meilleur dans l’entrejeu, avec des capacités physiques et techniques déjà très développées.

Renato Sanches après la victoire du Portugal sur la France en finale de l'Euro 2016, le 10 juillet 2016. (MARTIN BUREAU / AFP)

Mais, déjà, son corps le trahit. Une déchirure a perturbé sa préparation, et dans ce Bayern post-Guardiola emmené par Carlo Ancelotti, il n’a disputé que 17 matches, sans titularisation en Bundesliga. Il a été nommé dans l’équipe du pire 11 en octobre 2017.

Parti à Swansea, en Premier League, dans le cadre d’un prêt lors de la saison 2017-2018, Sanches a pu découvrir un autre grand championnat. Mais là encore, le Golden Boy ne brille plus. 12 apparitions, aucun but, blessures à répétition. « J’étais déprimé là-bas, oui, parce que ce n’était pas mon choix d’aller à Swansea. j’ai été obligé d’y aller», s’est-il défendu dans L’Equipe en février 2020.

A son retour en Bavière, exit Carlo Ancelotti. « Nous avions une confiance totale en lui il y a deux ans et nous ne le condamnerons pas maintenant», explique Karl-Heinz Rummenigge, alors président du Bayern.

Niko Kovac, entraîneur de renom qui aime former les jeunes, vient d’arriver. Une dernière bouée qu’un Portugais à la dérive ne parvient pas à saisir dans l’entrejeu des champions d’Allemagne, avec seulement 567 minutes jouées. À l’été 2019, il s’exile définitivement à Lille, espérant y trouver son éclat dans un groupe qualifié pour la Ligue des champions. Promené par Christophe Galtier de l’aile droite au milieu de terrain, il a participé à 30 matches toutes compétitions confondues lors de sa première saison, puis a participé à la folle épopée 2020-2021 avec les Dogues, même si plusieurs blessures, notamment à l’ischio, l’éloigne du terrain tout l’hiver.

En début de saison dernière, c’est le ménisque qui a sifflé et mis le Portugais en attente jusqu’à début octobre et condamné son transfert à Barcelone. Sa dernière saison, sous la houlette de Jocelyn Gourvennec, laisse un goût d’inachevé dans le Nord, avec  25 matches disputés en Ligue 1. Ce transfert au PSG, ardemment souhaité par Sanches, intervient donc à un moment charnière. . , dans un club dont l’objectif rappelle celui connu au Bayern : gagner la Ligue des champions.

Sanches-Galtier, les grandes retrouvailles

Reste à savoir maintenant comment Sanches pourra s’intégrer dans le 3-4-3 mis en place par Galtier lors du Trophée des Champions (4-0). Interrogé fin 2020 par France Soccer sur le meilleur poste du Portugais alors qu’il entraînait encore les Dogues, l’ancien entraîneur de l’OGC Nice et de Saint-Etienne avait une idée assez claire : « Je pense que le 4-3-3 serait particulièrement adapté car il pourrait se projeter sans retenue, sachant qu’il y a une sentinelle qui veille. Car à deux, il faut être un peu plus vigilant. En plus, comme c’est quelqu’un qui comprend très bien le jeu, qui analyse beaucoup ses performances, et qui regarde aussi beaucoup le football, il sait garder une position plus défensive.

Quant à la marge d’évolution de son poulain, là aussi Christophe Galtier avait une vision très précise des points à améliorer concernant le joueur de 24 ans : « Renato sait quand même mieux choisir les zones où s’essayer au dribble et où assurer le plus, même s’il est important de ne pas lui enlever son audace. Et enfin, il peut acquérir de l’expérience pour mieux se canaliser. Dans certains matchs où il est dans le dur, il a peut-être voulu faire les choses seul et perdre un peu de lucidité. Mais je préfère les joueurs tempérer que les joueurs à secouer !

Récupération, création… Le Portugais a toute la palette

La promesse de voir Marco Verratti et Renato Sanches partenaires au milieu suscite une certaine curiosité. Car sans dire que le Portugais a la même vista que son (futur) coéquipier italien, c’est un autre vrai créateur qui débarque dans la capitale. Un joueur qui n’hésite pas à se responsabiliser, à jouer tout seul et à ramener le surplus devant.

Doué techniquement, l’ex-Lillois est aussi explosif, capable d’éliminer en tête-à-tête et de résister à de nombreux duels dans l’entrejeu malgré un gabarit assez modeste (1,76 m). A la mi-saison 2021-2022, le site de paris sportifs Who Scored a classé Sanches en tête des dribbleurs de Ligue 1 ayant tenté au moins 40 dribbles, avec 77% de réussite. Autant de qualités qui ont conduit Luis Campos mais surtout Christophe Galtier, son entraîneur à Lille lors de ses deux premières saisons, à s’activer pour le recruter, malgré l’intérêt de l’AC Milan pour le Portugais.

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