L’électricité augmente le 1er août : ces appareils consomment même lorsque vous pensez les avoir éteints

Le tarif réglementé de l’électricité augmente en moyenne de 2,5 % TTC le 1er août 2026. Pour environ 20 millions de foyers, chaque kilowattheure inutile devient donc légèrement plus cher. Le piège ne se limite pas aux appareils manifestement allumés : box Internet, console, écran, machine à café ou climatiseur mobile peuvent continuer à consommer lorsque leur façade semble éteinte.

Il serait pourtant trompeur de promettre 30 % d’économie en débranchant trois chargeurs. Les veilles modernes sont parfois inférieures à un watt, tandis qu’une box active en permanence ou un ordinateur mal configuré peuvent peser beaucoup plus lourd. La seule méthode sérieuse consiste à mesurer, puis à calculer avec le prix du kilowattheure indiqué sur sa propre facture.

Ce qui change le 1er août : la Commission de régulation de l’énergie chiffre la hausse moyenne à 5,98 € TTC par MWh. Service-Public.fr donne l’exemple d’un foyer consommant 4,5 MWh par an : sa facture annuelle moyenne passe de 1 046 € à 1 072 €, soit environ 26 € supplémentaires.

Votre facture augmente, mais pas nécessairement de 2,5 % exactement

Les 2,5 % correspondent à l’évolution moyenne des tarifs réglementés de vente. Le résultat individuel dépend de la puissance souscrite, de l’option Base ou Heures pleines/Heures creuses, du profil de consommation et de l’offre du fournisseur. Un client en offre de marché peut suivre une autre grille.

Pour chiffrer une veille, il ne faut donc pas diviser arbitrairement la facture moyenne par 4 500 kWh. Relevez la ligne « prix du kWh TTC » de votre contrat, puis appliquez-la à la consommation mesurée. Dans les exemples ci-dessous, nous utilisons 0,25 € par kWh comme hypothèse pédagogique facilement remplaçable, cohérente avec le simulateur Wattris de l’ADEME. Ce n’est pas un tarif universel.

Un wattmètre évite de confondre intuition et consommation réelle

Le wattmètre se branche entre la prise murale et l’appareil. Il peut afficher la puissance instantanée en watts et, selon le modèle, cumuler les kilowattheures pendant plusieurs heures ou plusieurs jours. Une mesure instantanée suffit rarement : une console télécharge une mise à jour, un climatiseur entretient sa connexion Wi-Fi et une machine à café réveille périodiquement son électronique.

Wattmètre sur prise pour mesurer la consommation électrique d’un appareil
Un wattmètre permet de mesurer la puissance instantanée et la consommation cumulée. Vérifiez la compatibilité avec les prises françaises et la puissance maximale admissible.

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Wattmètre sur prise avec affichage des kWh et du coût

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La formule exacte pour convertir des watts en euros

Consommation annuelle (kWh) = puissance mesurée (W) × heures de veille par jour × 365 ÷ 1 000

Coût annuel (€) = consommation annuelle × prix TTC de votre kWh

Exemple : un ensemble mesuré à 7,4 W et laissé dans cet état 20 heures par jour consomme 54 kWh par an. Avec un kWh à 0,25 €, cela représente environ 13,50 € par an. Si cet équipement doit rester actif pour assurer Internet, une alarme ou une mise à jour, ces 13,50 € ne sont pas intégralement évitables.

Combien coûte vraiment chaque appareil en veille ?

Les valeurs suivantes ne sont pas des mesures effectuées par Okibata sur vos appareils. Ce sont des scénarios de mesure destinés à montrer comment transformer le résultat de votre wattmètre en coût annuel. Remplacez chaque puissance par celle observée chez vous.

Appareil et état mesuré Hypothèse Consommation annuelle Coût à 0,25 €/kWh
Téléviseur en veille 0,5 W, 20 h/j 3,7 kWh 0,91 €
Box Internet active 9 W, 24 h/j 78,8 kWh 19,71 €
Console en veille connectée 6 W, 20 h/j 43,8 kWh 10,95 €
Ordinateur + écran en sommeil 4 W, 16 h/j 23,4 kWh 5,84 €
Chargeur USB-C seul 0,1 W, 24 h/j 0,9 kWh 0,22 €
Climatiseur mobile en attente 2 W, 20 h/j sur 120 jours 4,8 kWh 1,20 €
Machine à café en veille 2 W, 22 h/j 16,1 kWh 4,02 €
Hub domotique 3 W, 24 h/j 26,3 kWh 6,57 €

Ce tableau révèle pourquoi la chasse au chargeur vide peut faire perdre du temps : à 0,1 W, son coût annuel reste de quelques dizaines de centimes. La box, la console en veille réseau ou les équipements actifs jour et nuit méritent d’être mesurés en premier.

Profil 1 : le studio avec peu d’appareils

Imaginons un studio avec une box à 8 W, un téléviseur à 0,5 W, une console à 4 W et une machine à café à 1,5 W. En tenant compte des heures réellement inutilisées, la consommation évitable calculée atteint environ 62 kWh par an, soit 15,50 € à 0,25 €/kWh.

La box représente la plus grande part, mais la couper chaque nuit n’est pertinente que si aucun téléphone, alarme, caméra, objet connecté ou mise à jour n’en dépend. Une multiprise à interrupteur pour le téléviseur et la console peut être plus simple que de débrancher la box.

Profil 2 : l’appartement familial et le salon connecté

Dans un appartement familial, deux téléviseurs, une box, un décodeur, deux consoles, une enceinte connectée, une machine à café et plusieurs accessoires peuvent totaliser une veille mesurée d’environ 25 W pendant les périodes d’inutilisation. Avec des durées adaptées à chaque appareil, notre scénario aboutit à 137 kWh évitables par an, soit 34,25 €.

Ce n’est pas 30 % d’une facture familiale. C’est une économie mesurée et ciblée, obtenue uniquement si les appareils sont effectivement coupés pendant les plages prévues. Une multiprise à interrupteurs indépendants permet de laisser la box active tout en coupant télévision, console et enceintes.

Profil 3 : le télétravailleur avec deux écrans

Un poste de travail comprenant ordinateur fixe ou station d’accueil, deux écrans, imprimante, enceintes et chargeurs peut conserver une consommation résiduelle élevée après la journée. Dans notre scénario, 12 W persistent pendant 16 heures par jour et davantage le week-end. La consommation évitable atteint environ 83 kWh par an, soit 20,75 €.

Avant d’installer une prise connectée, vérifiez les réglages d’extinction, le réveil réseau, les ports USB alimentés et le mode « démarrage rapide ». Une prise qui consomme elle-même de l’électricité et reste connectée en Wi-Fi n’est intéressante que si elle pilote une charge supérieure à sa propre consommation.

Comment mesurer correctement avec un wattmètre

  1. Relevez le prix TTC du kWh sur votre contrat ou votre dernière grille tarifaire.
  2. Remettez le compteur d’énergie du wattmètre à zéro.
  3. Mesurez l’appareil seul, puis éventuellement l’ensemble branché sur une multiprise compatible.
  4. Laissez fonctionner au moins 24 heures pour un appareil dont la consommation varie.
  5. Notez séparément le mode actif, le sommeil, la veille réseau et l’arrêt apparent.
  6. Identifiez les heures pendant lesquelles la coupure serait réellement possible.
  7. Ne coupez pas automatiquement un appareil assurant une fonction de sécurité, de détection de fuite ou de conservation.

Wattmètre, prise connectée ou multiprise : lequel choisir ?

Solution Intérêt Limite
Wattmètre Mesure directe de la puissance et des kWh Doit être déplacé d’un appareil à l’autre
Prise connectée avec suivi Historique et coupure programmée Consomme elle-même et dépend d’une application
Multiprise à interrupteurs séparés Coupe plusieurs appareils sans condamner la box Pas de mesure intégrée sur les modèles simples

Les appareils qu’il ne faut pas couper sans réfléchir

L’ADEME rappelle que certaines veilles ont une utilité. Un lave-linge ou un lave-vaisselle peut maintenir une détection de fuite. Une box alimente parfois la téléphonie fixe, une alarme ou la domotique. Une console peut sauvegarder ou mettre à jour un jeu. Un climatiseur connecté peut conserver une programmation utile.

Le bon objectif n’est donc pas « zéro voyant rouge ». Il consiste à identifier la consommation qui ne rend aucun service, puis à la supprimer sans dégrader la sécurité, le confort ou le fonctionnement du logement.

La hausse du 1er août change-t-elle vraiment l’intérêt des veilles ?

À elle seule, la hausse de 5,98 € par MWh ajoute environ 60 centimes par an au coût de 100 kWh de consommation inutile. Elle ne transforme pas soudainement un chargeur moderne en gouffre financier. En revanche, elle rappelle que les équipements actifs 24 heures sur 24 doivent être évalués sur une année complète.

L’ADEME estime qu’éteindre certaines veilles peut permettre d’économiser jusqu’à 15 % de la facture hors chauffage et eau chaude. « Jusqu’à » n’est pas une promesse pour chaque foyer. Dans un logement récent équipé de veilles limitées à 0,5 W, le gain sera nettement plus faible. Dans un logement très connecté, la mesure peut révéler plusieurs dizaines d’euros.

Le test à faire ce soir

Commencez par la zone la plus chargée : meuble TV ou bureau. Mesurez l’ensemble en fonctionnement, puis lorsque tout semble éteint. Si le wattmètre affiche encore plusieurs watts, débranchez les appareils un par un pour identifier le responsable. Répétez l’opération pendant 24 heures et calculez le coût avec votre propre tarif.

C’est moins spectaculaire qu’une promesse de facture divisée par trois, mais beaucoup plus utile : vous saurez exactement quel interrupteur actionner, combien de kilowattheures vous évitez et dans combien de temps l’achat du matériel de mesure est amorti.

Sources : Commission de régulation de l’énergie, Service-Public.fr et ADEME. Les puissances des trois profils sont des scénarios de calcul, pas des mesures universelles ni des tests physiques réalisés par Okibata.

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