Affaire Pogba : Valbuena, Adebayor, Lizarazu… Avant Paul Pogba, d’autres joueurs ont été victimes de tentatives d’extorsion

« Toutes générations confondues, nous avons tous été confrontés à des difficultés d’entourage », disait Jérôme Alonzo.

Pour le consultant de Radio France, le mal n’est donc pas nouveau et « l’affaire Pogba » qui agite en ce moment le football français n’est que la suite normal de l’escalade. L’ancien gardien se souvient donc « des entourages profitant du succès des proches pour s’enrichir ou, du moins, essayer de le faire ».

Parmi les victimes de ce chantage, des personnalités internationales ont souffert de ces pratiques.

Valbuena et l’affaire de la sextape

C’est, avant le dénouement de l’imbroglio Pogba, l’affaire qui a fait couler le plus d’encre. Parce qu’il a opposé deux internationaux l’un à l’autre, Mathieu Valbuena accusant Karim Benzema de le faire chanter pour éluder la propagation d’une vidéo intime. Au final, cette affaire durera plus de six ans et se terminera devant les tribunaux, l’attaquant du Real Madrid étant condamné à un an de prison avec sursis et 75.000 euros d’amende pour complicité de chantage.

Karim Benzema victime de beau père

Avant d’être sur le banc des accusés, Karim Benzema avait été dans les rangs des victimes, trois années plus tôt, lorsque le beau-père d’une ex-petite amie avait menacé de divulguer des photos de cette idylle. L’escroc avait été interpellé lors d’une fausse remise de rançon organisée par la police, et posté sur place pour constater le flagrant délit.

Trezeguet victime d’un paparazzi

L’ancien international tricolore a dû faire face, lui, aux pratiques malveillantes de celui qui était surnommé « le roi des paparazzi ». Fabrizio Corona, qui se vantait d’avoir une collection de 10.000 photos de célébrités, avait penaud l’attaquant de la Juventus Turin, en 2006, sortant d’une boîte de nuit en compagnie d’une jeune femme qui n’était pas sa copine. David Trezeguet avait d’abord cédé au chantage, versant donc 25 000 euros au photographe mal intentionné, avant de se rétracter et de se porter partie civile. La justice italienne lui donnera raison en lui accordant le remboursement de cette somme. Depuis, Fabrizio Corona a été condamné à 13 ans et deux mois de prison pour ses nombreuses tentatives d’extorsion, entre autres aux dépens d’autres footballeurs comme l’Italien Francesco Coco ou le Brésilien Adriano.

Lizarazu dans l’oeil d’ETA

Qui vient de du Pays basque, Bixente Lizarazu s’est retrouvé sous la menace à peine voilée de l’organisation terroriste Euskadi ta Askatasuna, plus connue sous l’abréviation ETA. Ce dernier a accusé le défenseur d’avoir « a défendu les couleurs d’un État ennemi » en l’occurrence la France, et réclamait, avec une missive adressée aux parents du joueur, une aide financière pour « mener le combat ». Cette lettre était accompagnée de menaces effrayantes : « Le fait de ne pas répondre à notre souhaite entraînerait une réponse contre vous ou votre propriété. » Mais, dans des déclarations au quotidien sportif espagnol aset lors d’un voyage du Bayern Munich à Marbella, Lizarazu avait précisé qu’il refusait de payer car « nous connaissons tous à quoi sert cet argent ».

En fait, « Liza » ne sera jamais inquièté. Néanmoins, ce dernier confiera plus tard dans son autobiographie : « En Allemagne, j’allais au Bayern m’entraîner dans une berline blindée avec des armes à côté ».

Adebayor aussi menacé par son frérot aîné

Avant Paul Pogba, Emmanuel Adebayor avait aussi dû subir la loi de la fratrie. Le Togolais, passé par Arsenal entre autres, conte dans un documentaire intitulé « Mon côté sombre », diffusée sur Canal +, qu’il avait été contraint, à 16 ans et lorsqu’il a débuté à Metz, de vider son compte et de le transmettre à son frérot aîné. Plus tard, alors qu’il jouait à Monaco, Adebayor se souvient « être réveillé avec un couteau sous la gorge. »

En l’occurrence, ce n’était pas qu’une expression, mais un fait bien réel… En 2005, lorsqu’il a avoué avoir pensé au suicide, le Togolais a réuni sa famille pour essayer d\’arranger ces différends. Il résume ensuite cette rencontre sur sa page Facebook : « Quand j’ai demandé leur avis, ils voulaient que je leur offre chacun une maison et que je leur verse un salaire mensuel. »

Plus tard, le Togolais s’est confié au média SoFoot : « J’ai infiniment parle à mes petits frères que nous étions manipulés par nos familles », il rapporte. « Souvent, je change de numéro pour que ma famille ne me contacte pas. Ils n’appellent pas pour me surveiller, mais pour demander de l’argent. Ce fut le cas après que je me sois cassé les ischio-jambiers à Tottenham : ils m’ont appelé lors de mon scanner pour me demander si je pouvais payer l’école de l’enfant. Interrogez-moi sur ma santé, d’abord !

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