Covid-19 : faut-il remettre le masque contre la huitième vague ?

Alors que la huitième vague de l’épidémie de Covid-19 s’intensifie, les visages masqués réapparaissent au cinéma, dans la rue, dans les commerces ou encore dans les transports ? Au cours des trente derniers jours, le nombre de contaminations a progressivement augmenté, passant de 31 231 cas quotidiens détectés le 21 septembre à 45 390 cas le 1er octobre, selon Santé publique France. C’est une augmentation de 31 %.

« Tous les indicateurs épidémiologiques sont à la hausse », indique à L’Express Antoine Flahault, épidémiologiste, directeur de l’Institut de santé globale et professeur à la Faculté de médecine de Genève. « Les nouvelles contaminations galopent, le taux de positivité des tests s’envole (22,72 %), le taux de reproduction du virus est compris entre 1,10 et 1,20 dans toutes les régions de France métropolitaine indiquant une activité épidémique soutenue. « , il explique. Et les admissions à l’hôpital augmentent également, avec 801 personnes hospitalisées quotidiennement au 4 octobre, contre 500 la semaine dernière. « On assiste au début d’une nouvelle vague pandémique grâce à la rentrée scolaire et à l’arrivée de la saison froide », ajoute l’épidémiologiste.

Face à l’alerte donnée par ces indicateurs, le gouvernement envisage ainsi de rétablir le port obligatoire du masque dans les transports en commun, qui a pris fin le 16 mai. Interrogé par nos confrères de RTL mardi 4 octobre, le ministre de la Santé François Braun a indiqué que le retour de la mesure était « à l’étude ». « Je veux que les Français reprennent les gestes barrières, a-t-il dit. Porter le masque dans tous les endroits où nous sommes très proches les uns des autres, où il y a une très forte concentration de personnes. d’autant plus intéressant que le port du masque est aussi utile pour la grippe, la bronchiolite chez l’enfant… »

Une déclaration quasi simultanée avec Brigitte Autran, la nouvelle présidente de Covars, l’établissement de santé qui succède au Conseil scientifique. Au micro de RMC, elle a indiqué la nécessité de « continuer à être vigilante. La prévention est très importante et il faut vraiment porter des masques ».

Cependant, si la mesure trouve son utilité, ce n’est pas la solution miracle pour stopper la contamination du variant omicron. « Cela ne changerait pas la dynamique de l’épidémie, commente Mircea Sofonea, épidémiologiste à l’université de Montpellier. Des infections pourraient être évitées, mais cela n’aurait pas d’effet majeur car les transports présentent moins de facteurs de risque de transmission que les situations de convivialité, par exemple ».

Face à une recrudescence des cas, après une longue période d’accalmie, ce type d’annonce de l’exécutif n’est pas nouveau. « Si ce n’est pas la mesure la plus efficace, c’est du moins la plus acceptable, la mieux comprise et la moins contraignante pour la population », observe Mircea Sofonea.

Afin de mieux lutter contre cette huitième vague de Covid-19, à l’heure où la stratégie vaccinale atteint ses limites face aux nouvelles variantes, les épidémiologistes contactés par L’Express recommandent la combinaison de plusieurs mesures. Il conviendrait de recommander, voire de rendre obligatoire « le port du masque dans les lieux clos afin de limiter davantage l’étendue des vagues que l’on connaît », estime Antoine Flahault.

Catherine Hill, épidémiologiste à l’Institut Gustave Roussy, considère l’obligation du port du masque comme un symbole de la reprise de l’épidémie. « La meilleure arme reste l’isolement et les tests massifs et groupés afin de savoir où circule le virus à un instant donné et de pouvoir isoler les personnes porteuses du virus ». Autrement dit, le scientifique pousse à une stratégie de campagne de dépistage collectif, par groupe de personnes, avec plusieurs dizaines de tests étudiés dans un même prélèvement. « Cela permettrait à tout le monde dans une entreprise ou une école de se faire tester en même temps, explique-t-elle. Et s’il y a un positif, on teste à nouveau tout le monde un par un, et on isole ».

D’après les modèles et compte tenu de l’historique des vagues précédentes, les scientifiques observent aujourd’hui que la huitième vague serait à mi-parcours de son ascension, soit 20 jours sur 40. « Il ne faut pas négliger la circulation du virus, assure Mircea. Sofonéa. Car il ne s’agit pas seulement d’hospitalisations et de cas graves, mais aussi de Covid long, qui est un véritable problème de santé publique. D’où l’importance des gestes barrières.

Bouton retour en haut de la page