Bergerac : ce que l’on sait de l’incendie survenu après plusieurs explosions dans une usine classée Seveso

Huit blessés dont un gravement. C'est le bilan de l'incendie qui s'est déclaré sur le site d'une usine de Bergerac (Dordogne) classée Seveso, mercredi 3 août en début d'après-midi.

« Le pronostic vital des blessés graves n’est plus engagé », a indiqué jeudi le maire de la ville sur France Bleu.

L’employé de l’usine grièvement blessé avait été évacué et transporté par hélicoptère en urgence absolue au CHU de Bordeaux (région bordelaise).

L’incendie a été maîtrisé mercredi en fin d’après-midi et une enquête a été ouverte pour déterminer les causes de l’incident.

Plusieurs explosions dans l’immeuble de stockage d’une usine de poudre

Un incendie s’est annoncé mercredi vers 14 heures sur le site de l’usine de la société Manuco, une fabrique de poudres située à l’est de Bergerac. L’incident s’est produit après plusieurs explosions survenues dans le plus grand bâtiment de stockage du site de plusieurs hectares. C’est un hangar éloigné des grands axes routiers et de la voie publique. La « nitrocellulose contenue dans un atelier enflammée lors d’opérations de maintenance »a annoncé dans un document le groupe Eurenco, qui a racheté l’usine en 2021. Sur place, un chaudronnier employé par un sous-traitant a annoncé à l’AFP avoir vu « Morceaux de des briques partout, des morceaux de fer, des fenêtres » au moment des explosions. Il a aussi témoigné qu’il avait vu « comme une sorte de bulle d’air qui sort des immeubles », « le souffle » et « l’onde de choc ».

« Nous avons reçu une alerte à 13h53 au sujet de une explosion dans un bâtiment quasiment à l’arrêt technique », a indiqué mercredi sur franceinfo le sous-préfet de la Dordogne, Jean-Charles Jobart.

Un périmètre de sécurité « exceptionnellement large » fut alors mis en place, au cas où de nouvelles explosions retentiraient. L’ensemble du site a été évacué. Au total, l’intervention a mobilisé 61 soldats du feu, 20 policiers et deux hélicoptères du Samu. Le feu a été maîtrisé en fin d’après-midi. Peu avant 19 heures, la zone a finalement été rouverte à la circulation et les barrages de police ont été levés, a constaté l’AFP.

L’usine Manuco, qui emploie 80 individus sur le site d’Eurenco, fabrique de la nitrocellulose, entrant dans la composition de poudres pour l’armement militaire, le tir sportif ou encore la dynamite. Le site est classé Seveso « seuil haut » en raison de la « risque incendie et toxique »de « stockage » et certaines « manipulation de éléments explosifs et d’acides », selon un papier de la préfecture de Dordogne. Au total, le département compte 8 sites Seveso.

Huit blessés dont un gravement

Pendant l’opération, le plan blanc a été activé pour faciliter la prise en charge des victimes. Le bilan de la préfecture montre « huit blessés, dont une personne en urgence absolue et sept en urgence relative ». La personne en condition « critique »selon Eurenco, a été transporté par hélicoptère au CHU de Bordeaux. « Foudroyé » au moment des faits selon la préfecture, elle était blessée aux jambes. Le plan blanc a été levé mercredi soir. Parmi les sept victimes en urgence relative, plusieurs ont été évacuées vers des hôpitaux de la région. « Nous sommes assez confiants »a annoncé le maire de Bergerac, Jonathan Prioleaud, interrogé par franceinfo. « Quatre ont pu être rapatriés dans deux hôpitaux à coté de Bergerac et trois ont été pris en charge sur place. » Le maire a aussi précisé que « le pronostic vital des blessés graves » n’était plus engagé.

D\’après les enquêtes de Monde, plusieurs salariés d’un sous-traitant chargé de l’entretien du site lors de la fermeture annuelle des 20 premiers jours d’août figurent parmi les blessés. Dans le même temps, 35 individus ne sont pas blessées mais sont provisoirement prises en charge par les secours sur place. D\’après le maire, les explosions ont aussi été « feutre » par « de plusieurs Bergeracois ». « Plusieurs habitations ont été évacuées et la zone d’accueil des Gens du voyage (…) s’est progressivement vidée de tous ses occupants »rapporte aussi Le monde. Le dernier accident dans cette même usine remonte à 2013 et a fait trois blessés.

« Aucun risque » de propagation de substances toxiques

« Il n’y a aucun risque pour l’environnement, ni pour l’homme ni pour l’animal »a assuré Jonathan Prioleaud. La préfecture de la Dordogne avait aussi annoncé mercredi soir dans un document que les fumées dégagées par les explosions ne présentaient pas de danger pour la santé.

« Ça aurait pu être beaucoup plus grave »a a voulu prouver mercredi le sous-préfet, précisant que le bâtiment touché par l’explosion contenait moins d’une tonne de nitrocellulose. « On était sur un bâtiment où il y avait des échantillons de nitrocellulose, et pas absolument de gros contenants »a abondé jeudi le maire de Bergerac.

Mercredi, Christian Sommade, membre expert d’une groupe de réflexion réfléchissant aux enjeux de gestion de crise en cas de menaces majeures, a a voulu prouver à franceinfo que les risques étaient plus liés à l’explosion qu’à la pollution qu’elle pourrait dégager : « En règle générale, [les produits] utilisés dans la poudrerie sont moins toxiques que ceux utilisés dans une usine de chlore ou d’ammoniac ». Les éléments utilisés par les soldats du feu sont collectés dans des bassins de rétention pour analyse de toxicité.

Une enquête ouverte pour déterminer les causes de l’incident

D’après le parquet de Bergerac, une enquête a été ouverte pour blessures involontaires dans l’exercice du travail. En particulier, l’enquête doit déterminer la cause de l’incident. « S’il y a eu des pannes ou des erreurs techniques, nous devrons les réparer » parle le sous-préfet.

« La police scientifique est sur place, il faut laisser passer le temps de l’enquête », a ajouté Jonathan Prioleaud. Le maire évoque cependant la piste de « forte chaleur », ce qui aurait pu déclencher l’incident. Selon des sources proches du dossier, la piste privilégiée est celle d’un « accident de manutention ».

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