Canicule : comment fonctionne le plan canicule en France ?

Ce samedi 16 juillet, 16 départements ainsi que l'Andorre ont été placés en vigilance orange canicule par Météo France.

Au vu de ce niveau d’alerte et alors que le mercure devrait encore remonter jusqu’à atteindre le pic de la canicule, prévu lundi, les services de l’Etat se mobilisent. Le but ? Éviter une répétition de la catastrophe de 2003.

Pour répondre aux canicules comme celle qui frappe actuellement la France, l’État dispose d’un dispositif clé : le plan canicule. En fonction des prévisions de Météo France, mais aussi d’un ensemble d’indicateurs sanitaires, les préfectures peuvent déclencher des mesures pour tenter d’atténuer les conséquences de ces phénomènes météorologiques qui minent notre organisme.

D’abord dispositif de surveillance et de prévention, le plan canicule a été élaboré en 2004, un an après la canicule de 2003. Conjuguée à l’impréparation des autorités, cette canicule exceptionnelle a fait 15.000 morts, débordé les hôpitaux et avait notamment nécessité d’utiliser le marché de Rungis pour entreposer les corps de certaines victimes… « Depuis, on a beaucoup appris », a encore répété, mercredi , le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, lors d’un déménagement en maison de retraite.

Pour prévenir la canicule, l’Etat active le plan canicule chaque année, entre le 1er juin et le 15 septembre. Le but ? Mettre en place une « veille saisonnière », qui correspond au niveau de « vigilance verte » de Météo France. Même si les températures sont clémentes, les services de l’Etat adoptent une « vigilance accrue », en lien avec la météo, pour éviter toute dégradation de la situation. Si la surveillance est nationale, l’essentiel du plan canicule est entre les mains des préfets depuis 2020. Le gouvernement espère ainsi une réaction au plus près des réalités de chaque territoire.

Vigilance verte

Outre la vigilance verte, il existe trois niveaux d’alerte, définis « pour chaque département, avec les acteurs sanitaires, en fonction des impacts sanitaires constatés dans le passé », selon Météo France. Il y a d’abord la vigilance jaune, un « pic de chaleur » présentant un risque pour certaines personnes, mais de courte durée – deux jours maximum – ou d’intensité modérée sur plus de trois jours.

Niveau orange

Vient ensuite le niveau orange, qui correspond à une période de chaleur intense « de 3 jours et 3 nuits consécutifs, susceptible de constituer un risque sanitaire pour l’ensemble de la population exposée », selon Météo France.

16 départements sont actuellement concernés. Aucune n’a encore atteint le niveau maximal, la vigilance rouge, une canicule dite « extrême », « exceptionnelle par sa durée, son intensité, son extension géographique, et qui a un fort impact sanitaire pour l’ensemble de la population ». A ce stade, de nombreuses activités seraient à l’arrêt, devenues trop risquées au vu des températures.

La canicule va s’intensifier jusqu’à lundi. De nouveaux départements devraient ainsi franchir le seuil d’alerte orange. « Dimanche, la hausse des températures se poursuivra notamment dans le Sud-Ouest où les 40°C seront plus souvent atteints. Les températures élevées vont commencer à se propager vers le Nord-Ouest », indique Météo France dans son dernier bulletin météo. Lundi, les départements plus au nord-ouest du pays devraient passer en vigilance orange, et des records de température devraient également être battus. 37°C sont attendus à Rennes et Nantes, 38°C à Bordeaux. « L’épisode de canicule commencera à s’atténuer depuis l’ouest à partir de mardi », conclut Météo France.

En recevant ces niveaux d’alerte, les préfets peuvent mettre en place différentes réponses. Les services publics, ministère de la Santé en tête, multiplient les recommandations (hydratation, limitations des activités de plein air) destinées à l’ensemble de la population. Un accès facile aux locaux rafraichis ou aux lieux de baignade peut être mis en place. Certains chantiers peuvent être interdits. Les services forestiers et les pompiers sont mobilisés pour lutter contre le départ de feu.

Dans les EHPAD, les résidents sont invités à séjourner dans les pièces les plus fraîches. Les soignants doivent leur proposer régulièrement de l’eau et déconseiller de sortir aux heures les plus chaudes. Certains traitements sont arrêtés pour ne pas surcharger les reins, organes chargés de filtrer l’eau. Parallèlement, les services de santé se préparent, coordonnés par les Agences régionales de santé, à répartir les personnes nécessitant des soins, en fonction du remplissage des hôpitaux, déjà en difficulté à cause du Covid-19.

Enfin, à partir du palier orange, les mairies doivent contacter les personnes âgées isolées à domicile pour leur proposer un soutien et vérifier qu’elles vont bien. « Il n’y aura pas zéro mort, mais on ne retrouvera pas des gens morts chez eux trois, quatre ou même dix jours plus tard » comme en 2003, estime Isabelle Sénécal, responsable du pôle plaidoyer des Petits Frères des Pauvres interrogée par l’AFP . Si le dispositif peut être amélioré, « le plan canicule est rodé, ça marche », rassure-t-elle.

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